par ameondine

La cadence des wagons nous donnait à tous un air docile, comme si la vie nous avait bien plus résigné encore.

Je pouvais déjà humer la lassitude dans nos haleines, jusque dans nos sous-vêtements; nous suintions l’humanité monotone. Je me suis regardé dans “le reflet plexiglas”, tout engoncé dans mon costume, les chaussures aussi lisses que mon charisme, j’étais lustré comme mes pompes.

“J’ai l’air d’un con…” pensai-je

Oui j’ai l’air d’un con, je me souviens, petit, je ne voulais pas… ça.

Je rêvais d’explorer l’espace, de faire mon pain tout seul, d’embrasser Lucie Jusson de ma classe de CM1, et de construire un village entier pour toute la famille…

Or je n’ai pas exploré l’espace, j’achète mon pain à plus d’un euro, je trompe ma femme avec Lucie Jusson, et j’ai fait construire une maison qui ressemble à toutes celles qui l’avoisinent.

“C’est rassurant, je ne suis pas tout seul à être con.”

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Un commentaire à “”

  1. Ressenti commun dans cet alambic géant, gare saint Lazare, si je ne me trompe pas de lieu ?
    Le métro parisien est une lieu inépuisable de méditation entre précipité chimique et précipice. (Excuse moi de cèder aussi au lyrisme). A te lire et peut être te croiser anonymement dans ces (tes) couloirs.
    D.

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