Archive pour ‘Pensées osées et gargarismes encéphaliques’

10 avril 2012

par ameondine

Un froid glacial, celui qui s’infiltre sous le tissu, tel un cadavre qui tente d’abuser de vous.
Puis ce calme. Je n’avais jamais vu mon quartier aussi calme, même à cette heure de la nuit.
Un silence oppressant, qui assure le sursaut lorsque le moindre son retentira. Alors malgré tout, on prie pour que le silence persiste, et on cherche à ne pas le briser.

C’est dans ce chaos, que m’est venue la question si essentielle à mon issue.
Où vais-je?

Mais il me fallait d’abord répondre à « où suis-je? ».
Puis tout s’est dessiné devant moi; une toile d’interrogations s’étendant à l’infini. Chaque question en amenant une autre pour seule réponse à la précédente.
Je trouvais là, une raison particulièrement valable de repousser une énième fois, le moment fatidique de réfléchir à mon avenir.

Nous verrons bien demain où j’étais hier.

24 février 2012

par ameondine

La cadence des wagons nous donnait à tous un air docile, comme si la vie nous avait bien plus résigné encore.

Je pouvais déjà humer la lassitude dans nos haleines, jusque dans nos sous-vêtements; nous suintions l’humanité monotone. Je me suis regardé dans “le reflet plexiglas”, tout engoncé dans mon costume, les chaussures aussi lisses que mon charisme, j’étais lustré comme mes pompes.

“J’ai l’air d’un con…” pensai-je

Oui j’ai l’air d’un con, je me souviens, petit, je ne voulais pas… ça.

Je rêvais d’explorer l’espace, de faire mon pain tout seul, d’embrasser Lucie Jusson de ma classe de CM1, et de construire un village entier pour toute la famille…

Or je n’ai pas exploré l’espace, j’achète mon pain à plus d’un euro, je trompe ma femme avec Lucie Jusson, et j’ai fait construire une maison qui ressemble à toutes celles qui l’avoisinent.

“C’est rassurant, je ne suis pas tout seul à être con.”

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7 février 2012

par ameondine

J’aurais pu tout faire pour le retenir, comprendre ses plaintes et tout arranger. Mais sans ce chaos généré pour lui, je n’aurais jamais réussi. Sans mes élans carnassiers à son égard, je n’aurais jamais écrit. Sans lui pour me pousser dans la vie, je n’aurais jamais grandi.

Puisse-t-il y entrevoir sa propre valeur dans tout ceci; une valeur puissante, comme Lui.

1 février 2012

par ameondine

Elle: Cesse de faire l’enfant, c’est exactement pour cela que je te quitte aujourd’hui. Il faut céder à tes caprices pour obtenir du bon sens, tu n’es qu’un petit garçon.

Lui: Un petit garçon? Tu me donnais pas l’impression de crier à cause d’un petit garçon la dernière fois…

Voilà… J’en parlais il y a deux secondes: “un petit garçon”

Quelques visages s’offusquent. Des sourires se dessinent.

En serrant les dents: “P’tain, mais arrête de dire ça là…!” 

Quoi? Pourquoi? Ça te dérange? Je touche un point sensible? Ça te coupe la queue c’est ça? Et bien si tu en avais une véritable, bien accrochée jusque dans tes tripes et correctement connectée à ton cerveau, et non un appendice délicat et photogénique pour tes pétasses sur le net, elle ne se sentirait pas menacée qu’on l’appelle “petit garçon”, ta précieuse queue!

Silence. Puis elle respire, les yeux épinglés aux siens.

Plus loin, quelqu’un applaudit.

Amor castrator. 

 

30 janvier 2012

par ameondine

Tranquillité parisienne, divagations souterraines…

30 janvier 2012

par ameondine

“Un dernier verre?” lui proposa-t-elle.

“Tu veux pas que je te baise plutôt?” répondit-il, titubant dans des vapeurs de rhum.

“Ca va être l’heure de rentrer mec, on ferme.”  Elle posa un verre brutalement sur le comptoir, y versa une liqueur et le fit glisser vers l’intéressé. “Bois ça avant, il fait froid dehors.”

Je la regardais essuyer ses verres, l’air aussi impassible que la Justice. Elle avait tranché, et la sentence fut exécutée.

Lorsqu’elle se tournait vers moi, avant qu’elle ne dise quoi que ce soit, je me soumettais immédiatement à sa pleine puissance en rassemblant mes affaires.

Elle sentait le bois vert, et ses cheveux étaient mal coiffés. Un jour j’irai la trouver et lui dire à quel point elle fut belle.

14 décembre 2011

par ameondine

L’humanité pourrait tout aussi bien s’abandonner au Chaos, se délivrer de toutes les obligations connues jusqu’aujourd’hui. A bien y réfléchir, ce serait sans doute la suite logique des évènements. Oui mais voilà, pour cela, l’Homme devrait affronter ses instincts les plus triviaux, or il s’en accommode mieux derrière les apparats sournois de notre soi-disant “évolution”. Nous préférons mille fois voir nos capacités de réflexion s’éteindre, et continuer la cadence; pourvu que nous fassions bonne figure.

30 novembre 2011

par ameondine

Je restais là, muette et figée.

“Le but n’est pas de faire dans le mélodramatique.”

Je réponds qu’il n’y a aucun problème, je m’adapterai.

C’est bien finalement la seule chose qu’il nous reste: s’adapter.

6 octobre 2011

par ameondine

Nonchalamment posée sur le monde,
Du haut de ma tour nauséabonde, je mange de l’air.
J’embrasse le Rien et je m’en inonde.
L’air de rien.

27 septembre 2011

par ameondine

“Je ne baise pas, je m’abandonne. J’avais son visage entre mes mains, sa virilité au fond du ventre, et c’est exactement là, qu’il a pu voir à quel point j’étais seule et démunie…”

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