Archive pour ‘Verbe érotique’

7 mars 2012

L’héritage d’Augustine

par ameondine

Un jour, il me faudra vous dire non,
A quoi bon?
Me parer de sortilèges,
Vous sortir le majestueux florilège,
Le privilège des moribonds.

Car jamais vous ne me direz oui.
Ces ahuris!
Trop aveugles pour constater,
L’offre d’une inhérente liberté,
La précarité du cœur quasi déjouée.

Alors je ne m’en irai plus, messieurs, vous rejoindre,
Quand dévorés par les chimères hystériques;
Ces compagnes choisies sans vous contraindre,
Vous regretterez mes dispositions atypiques.

Et ainsi, vieille, seule, n’ayant plus que pour coupables,
Les remords d’une vie passée mais inoubliable,
Je pleurerai ces instants, et non des moindres,
Ceux d’une époque où, par mes soins, votre queue n’était pas à plaindre.

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23 février 2012

Χίμαιρα

par ameondine

(Image: John Collier)

Sans doute vous pensez-vous en contrôle,
A l’écart de mes dangers.
Mais aussi fatale que votre queue, que ma langue frôle,
En mon sein vous cédez bien plus que des élans étrangers.

Évidemment, je ne serai jamais celle,
Que vous présenterez fièrement à l’entourage.
La jolie fragrance aux allures de pucelle,
La perfection que tout le monde envisage.

Bien sûr, je serai bien moins encore,
Celle qui le ventre solide et vaillant,
Vous possèdera jusqu’au moindre pore;
La future Sainte Mère de vos enfants.

Et quand bien même, je demeurerais une harpie,
L’amie parallèle qui ne récolte que les exceptions,
Dans vos vieux jours, s’il vous reste la raison:
Mon charnel souvenir résidera quelque part à l’abri.

Et quand bien même, je demeurerais votre catin,
Je n’en serai pas moins le secret emporté dans la tombe,
Petit soldat qui jamais ne succombe,
A jamais, votre queue: à mes yeux, comme un festin.

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30 janvier 2012

Omnis e lupae

par ameondine

Fillette décatie et ta foutue anamnèse,
Tu peux retourner d’où tu viens, je t’exile.
Va, continue de noyer les phallus de ta bile!
Désormais, je la crache avant qu’on me baise.

Vieille grincheuse et ta révolue méthode,
Tu peux dormir l’esprit serein, je t’isole.
Parle, continue de raconter le pire, extrapole!
Dorénavant, j’accepte l’épouvantable par épisodes.

Un peu de douceur,
Digère tes malheurs!
La nuit te rendra au jour chaque matin,
Et tu demeureras toujours une adorable catin.

7 décembre 2011

Lupanar Sine Voluptas

par ameondine

(Image: Edmond Comte de Grimberghe)

Odalisque,
Sans boussole et sans audace,
Effrontée mais bien à ma place;
Muselée devant le plaisir que l’on me confisque.

Soit! Regardons-les faire ces naïves créatures,
Jouer les bacchanales autour de ta queue,
Voyons comme transcendées elles s’abjurent,
Quand tu te sustentes de ces triviaux culs bleus!

Et moi, odalisque,
Les yeux rivés sur mes godasses,
Enragée mais l’envie tenace;
Aveugle devant l’ampleur du risque.

Soit! Laissons-les jouir de tes débordements,
Et moi, les yeux et les oreilles avisées,
J’irai endurcir ma nature docilement;
Odalisque sans audace, lupanar sans volupté.

16 novembre 2011

Animus Funambule

par ameondine

Girond Fripon,
Quand termineras-tu de me séduire?
Tes fugitives apparitions,
Finiront bien un jour par me nuire.

Hardi maraudeur,
Goûte comme je m’évapore.
Sur ta langue je suis le beurre,
Une amourette avec la mort.

Espiègle effigie,
Tu me fécondes de chaos,
En ta verve s’emmure l’harmonie,
De ta verge giclent mes déments idéaux.

Dans un équilibre chancelant, je te chemine troublant funambule.
Accrochée à tes effluves comme à un altérable fil,
Je te vois bateleur malhabile,
Cambrioler mes particules.

Dans un désespoir envoutant, je t’aboie troublant funambule.
Trifouillant ton âme comme une confuse horloge,
Moi l’Anima qui ruse, puisque tu t’interroges,
Je me risque à t’aduler; juchée sur ta folie, en bascule.

30 septembre 2011

Djebel Erectus

par ameondine

(Image: Jan Saudek)

Galant djebel,
Amarrée à ton cou,
J’admire de ta cime le flou,
La postérité chuchoter le sacramentel.

Les bras en dièdre,
Je nous laisse danser,
Limon qui part l’onde, transporté,
S’inonde de moi, jeune parèdre.

Et de ses failles en spectacle,
Coule une nature brute et habile,
Déraisonnant ma logique juvénile,
Disposant de mon corps en plein débâcle.

C’est enfin et ainsi suspendue,
Que la gorge offerte; blessure suintante,
Cicérone m’accomplit douce et battante,
Guerrière par les mots, romancière de vos culs.

31 mai 2011

L’Immensité d’un hiatus

par ameondine

A entendre les félibres, ma volupté triviale,
Don canonial pour prétendre être libre,
Me condamne à la thébaïde,
Gisante nue dans l’abside.

Mais deux prunelles malhabiles,
Immensités contenues dans un hiatus,
Maintenant entament le processus,
Les louanges de mon âme-projectile.

Et lorsqu’il enivre mon ardeur de dévouement,
C’est l’humanité entière qui pour moi se repent.

Comme la trêve d’un corps en guerre,
L’arrêt sur image de ce que je perds.
Le constat douloureux mais apaisant,
Que l’on peut me voir vraiment.

Et lorsqu’il encense mon corps de sa vigueur,
C’est la vie comme un tout, qui me semble meilleure.

Sera-t-il comme tous ces enfants d’argile?
Effrayé de me connaître sans suppliques,
Incapable de me découvrir fragile,
Fuyant en vain vers celles qui le trafiquent.

Et serai-je définitivement la femme damnée,
Noyée d’un amour que nul ne peut endurer?
Ou bien enfin en son naturel lénifiant,
Saurai-je grandir comme je l’entends?

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20 avril 2011

Baisons Bellone!

par ameondine

(Image: Rembrandt)

Quand nous aurons achevé de ne plus voir,
Et que la chimère fétide nous aura jailli au faciès,
J’envisage dès lors ceux recroquevillés dans le placard;
Priant pour que l’immonde Bellone décime avec noblesse.

Puis quand nous aurons compris qu’il est déjà bien tard,
Implorant l’empyrée de nous accorder l’allégresse,
Bellone, elle, se repaît goulûment de gloire,
Suçotant la moelle de notre faiblesse.

Mais lorsque viendra notre aubaine,
Il nous faudra la saillir,
Croupissante chienne de géhenne,
Forniquant comme des âmes en peine,
>Susciter des queues à vrombir,
Se branler avec notre gêne.

Devant l’horreur de la belligérance, nous n’aurons qu’un soupir:
“Baisons Bellone à en perdre haleine!”

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23 février 2011

Précepteur corrompu

par ameondine
(Image: Luciano Marino)

(Image: Luciano Marino)

Viens abolir le tissu de tes légions aimables,
Diplomate kyrielle de doigts,
Dextres stratèges.

Comme ferrée à l’acétate qui me protège,
Apostasie de mon émoi.
Demeurons affables!

Vétille dépouillée,
Cramponnée à son papa,
Bouleversée de mysticisme subversif.

Trublion corrosif,
Cadette bien réfractaire déjà,
Dès lors la science infuse en matière de vices.

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22 février 2011

L’âme qui ondine…

par ameondine
(Image: Jan Saudek)

(Image: Jan Saudek)

Laissons s’attarder la pression céruléenne,
Celle qui enrobe ton météorisme sémillant.
Deviens le gisant de mes contrées pénéplaines,
Puisque bien qu’éparpillé, ton abattis demeure rutilant.

Surtout ne m’en tiens aucune rigueur,
Je ne suis qu’une mesurée félonne.
Et ne t’impute aucun office de confesseur,
Plus tu m’écoutes, plus tu déraisonnes.

Prends garde lors de tes abandons vaniteux,
De ne pas désobliger mon égo fragile,
Car l’ardeur empourprée par la bile,
Répressive, j’irai morceler les hommes preux.

Et si par manque d’égard, tu jouais les prétentieux,
J’irais leur monnayer mes brèches stériles,
Puisque tu m’interdis de subsister subtile,
Punitive, j’irai te corrompre jusque tes aïeux.

Surtout ne m’en tiens aucune rigueur,
Je ne suis qu’une mesurée félonne.
Et ne t’impute aucun office de confesseur,
Plus tu me désires, plus tu m’emprisonnes.

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